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jeudi 4 décembre 2008

le plaisir de l'ennui, l'hiver, des cheesecakes aux carottes


Assise juste en face de moi, emitouflée dans une épaisse veste beige toute douce, regarde souvent par la fenêtre alors que ses yeux ont l'air plein de larmes. Elle tient solidement dans ses mains un sac d'où dépasse deux pâtes feuilletées embalées. Ca a l'air précieux, pour elle. Ses lèvres tremblent. Le froid, ou la peine qui l'habite, la tristesse de voir les arbres si nus, les gens aussi mornes autour. Au moment de descendre, elle ose un discret pardon avant de s'agriper à une poignée et de disparaître, elle et ses promesses de tourtes.

Elle ne parle pas, elle rêve, appuyée contre la vitre couverte de buée. Ne pas faire semblant de regarder le paysage. Préferer l'imaginer défiler. Qu'y voit-elle? Elle remet en place sa frange qui lui cache presque le regard, remonte son col.

La fatigue s'est posée sur ses traits. La lassitude. Encore un peu endormi, flottant dans le bus encombré, bousculé. Rester debout. Rester éveillé. Pourtant, le bus le berçe, la promenade lui paraît fluide, les va et vient des autres passagers comme des vagues qui nous emmènent loin de la berge pour mieux nous en rapprocher ensuite.

Les pages de mes livres m'empêchent parfois de rencontrer tous ces regards.
D'autres fois, c'est le nez plongé dedans que je rêve aux petits plats qui m'attendent, comme aux autres vies que j'aimerai avoir.
Entre un gâteau au chocolat fondant et une maison à l'autre bout du monde, un cheesecake aux carottes et l'amoureux à retrouver. Il arrive que ces vies rêvées soient les nôtres... non?




CHEESECAKE CAROTTES...
pour un midi heureux, pour 2


40g de flocons d'avoine
40g de farine de blé complète
1 petite poignée d'amandes hachées
2c. à café bien bombées de tahin
un peu de lait, s'il faut

2 carottes rapées finement (300g)
3/4 d'un pot de ricotta
1oeuf
1c. à café de gingembre
un peu de cannelle (1/2c. à café environ)
2c. à soupe de yaourt
du poivre (du sel, si vous voulez)


Préchauffer le four à 150°.
Mettre tous les ingrédients de la pâte dans le bol d'un hachoir (sauf le lait, qu'il faut ajouter si la pâte ne paraît pas assez humide), transférer le mélange dans un moule à charnière préalablement couvert de papier sulfurisé au fond. tasser pour former une croûte, mettre au four le temps de préparer la garniture (5à 10 min).

Dans un saladier, battre la ricotta au fouet, puis ajouter le yaourt, l'oeuf, et enfin les carottes et les épices. Verser sur le fond précuit. Enfourner pendant 55min, puis laisser le cheesecake dans le four pendant 1h au moins, avant de la mettre au frigo. Attendre 24h avant de le manger, avec une jolie salade verte aux amandes, la radio, ou des sourires, si on peut...


jeudi 28 août 2008

chère augustine,



il y avait des papiers colorés, des stylos aux encres bleue turquoise, qui ne s'éffaçaient pas.
des images découpées, rangées dans une boîte en fer, et des dessins, un tube de colle u-hu jaune. des heures passées atablée à mon bureau pour écrire. ce temps que je prennais pour leur dire que je tennais à elles, leur raconter l'école, mes rêves, la couleur de mon cartable, ceux que j'avais invité à mon anniversaire, ma soeur qui partage ma chambre.

il y celles que je recevais, des enveloppes épaisses, parfumées, des autocollants fleuris. plusieurs feuilles, parce qu'il fallait rattrapper le temps.
rattrapper le quotidien évaporé, ne pas s'oublier...
je n'oublierai pas ces lettres échangées si longtemps avec elles. les pages entières que j'ai pu remplir de confidences, les mots que je leur ai envoyés, comme on raconte dans un journal intime, mes pensées secrètes, mes petites douleurs. la boîte aux lettres que je surveillais en attendant un courrier, le plaisir de voir son nom sur l'enveloppe, l'instant délicieux de découvrir ces mots, pour soi.
chère augustine, j'aimerais parfois que ce plaisir là existe encore. j'aimerais parfois que tu m'écrives, parce que j'aime lire tous tes mots doux, parce qu'ils sont de ceux qu'on aimerait ranger dans une jolie boîte, aussi, pour les relire, souvent.
en attendant (j'attends, encore), et comme promis, la recette de ce cheesecake que tu aimes tant. et en échange, promis, bientôt, je t'écris.


CHEESECAKE CITRON GINGEMBRE, PETIT COULIS CHOCOLAT
pour 2 épistolaires


100g de biscuits à l'épautre bio
1 poignée de flocons d'avoine
3c. à soupe de beurre fondu
1 pot de ricotta (250g)
1 yaourt
1 oeuf
1c. à soupe de sirop d'agave
le jus d'un citron
du gingembre (la taille d'un gros pouce, ou, à défaut, le zeste du citron)





Allumer le four à 160°.
Mettre les biscuits, les flocons et le beurre dans un petit hachoir. Mixer jusqu'à ce que cela forme une espèce de pâte. Tapisser le fond d'un moule à charnière (recouvert d'un papier sulfurisé, je préfère), laisser au frais en attendant.
Dans un saladier, battre la ricotta. Puis ajouter le yaourt, le jus de citron, le sirop d'agave (j'aime le cheesecake plutôt acidulé, il y a donc volontairement moins de sucre), puis enfin l'oeuf et le gingembre rapé. Il ne faut pas trop mélanger...
Verser la crème sur le fond, et enfourner pour 1h. Au bout d'une heure, arrêter le four mais laisser le cheesecake dedans, sans ouvrir le four... pendant 1h encore, puis le laisser au frigo, au mieux, pendant 48h, parce que c'est vraiment meilleur...


Préparer un petit coulis chocolat avec quelques carrés de chocolat bien fort (70%) et un peu de lait (ou de crème liquide) et verser sur le cheesecake au moment de servir.
Manger à la petite cuillère. Se souvenir de la dernière lettre qu'on a écrit, celle qu'on a reçu...celle que l'on rêve de recevoir...

jeudi 19 juin 2008

la fin... un dessert pour se remettre


Je sors de l'école avec l'impression de n'être encore qu'une petite chose. Je me dis, c'est pas si mal quand même ; un peu frustrant aussi. Réussir, moins bien qu'on ne l'aurait voulu. Savoir que l'on a encore beaucoup à faire.
J'ai le coeur qui bat si fort encore. Plus de stress, ni d'angoisse. Une impression étrange. La fin ou la suite, passer de l'autre côté. Un grand vide a pris place chez moi. Mes yeux un peu abîmés.
Je suis sur un fil. Un pas. Puis un autre.Il ne faut pas que je m'arrête en chemin.

Je suis donc en vacances... Juste après les résultats, je suis allée traîner mes noeuds à l'estomac dans les rues ensoleillées de strasbourg. Je me suis acheté 2 livres, et un bijou. Je voulais me poser sur l'herbe, sur les quais, mais j'ai eu peur de m'endormir. J'ai repensé à tout ça, je me suis fachée avec moi même, ma fainéantise, ma précipitation. Et puis j'ai voulu oublier. C'est fini. J'ai juste envie de dire ouf. Et je passe à autre chose.
De retour à Dijon, l'air était doux et le soleil d'été avait longuement réchauffé la ville. La lumière était belle. On a marché un moment, avant de rentrer. C'est si bon de rentrer chez soi, calme, après avoir tellement douté, angoissé.
Ce matin, j'ai eu plaisir à retrouver vos nouvelles recettes, celles qui mettent l'eau à la bouche, l'envie de goûter l'inattendu, de pic-niquer épicé, de grignoter au goûter... et puis, j'ai cuisiné, un peu.
Un dessert pour chéché. Pour lui dire merci d'avoir su me supporter, me soutenir, m'écouter répéter des milliards de fois ma présentation, et s'occuper de mon estomac capricieux de ces derniers jours...
Une sorte de cheese cake fruité, servi dans un verre parce que des fois c'est joli, et rapide parce qu'il fait encore beau et que je rêve tout simplement d'une terrasse pour lire ceux que j'avais dû abandonner...

PETIT VERRE COMME UN CHEESECAKE
pour 1 diplomée et son amoureux qui ont besoin de repos

1 grosse poignée d'amandes réduites en poudre
1 craquelin d'avoine
1 noix de beurre fondu
1c. à café de sucre roux

1 pomme
1c. à soupe de fromage blanc
un peu de cannelle
1/2 verre de lait
1 toute petite c. à café d'agar agar

2 belles cuillères à soupe de ricotta
1c. à soupe de fromage blanc
un peu de sirop d'agave pour les becs (très) sucrés

Préparer le fond craquant : écraser le craquelin avec les amandes, mélanger avec le sucre et le beurre fondu puis tasser dans le fond de 2 jolis verres.
Entreposer au frais.

Préparer une compote de pomme. Mixer, mélanger avec la cannelle; le fromage blanc.
Dans une casserole, verser le lait et l'agar agar, porter à ébullition, compter 30sec environ tout en fouettant. Verser sur la compote de pomme, bien mélanger. Répartir sur les fonds craquants.

Fouetter vigoureusement la ricotta, le fromage blanc et le sirop d'agave. Déposer sur la compote refroidie. Mettre au frais 2h minimum avant de manger...