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jeudi 8 avril 2010

celle qui se tait, le risotto et le printemps


Installée dans le silence, sur le canapé élimé -sa couleur bleue est devenue chinée avec le temps- elle souffle machinalement sur la tasse de thé brûlante, sans boire. A l'interieur, elle n'est pas là. Il y a plus de soleil et un cake au chocolat. Il y a le bruit de la mer, un bouquet de renoncules sublimes, juste roses, délicatement poudrées. Il y a un peu d'angoisse, une longue liste qui s'allonge presque à chaque fois qu'elle se dit -ça, c'est fait.

Dans la vie normale, elle se demande à quoi on peut bien penser à ce moment là. Ce qu'il serait bon de faire. Ce qu'elle ne fera pas, de toutes façons.
Elle préfère goûter un biscuit à la purée de cacahuettes même si ce n'est pas l'heure du goûter. Croquer la vieille dame qui tient sa tasse un bout de ses doigts fragiles, transparents. Marcher longuement dans les ruelles désertes, cherchant les plages de lumière intense qui réchauffent comme en été.
Si ses journées sont solitaires, les dîners ne sont jamais sans lui (surtout les soirs où, après avoir déssalé deux beaux filets de haddock dans du lait -de soja- il propose de préparer un risotto aux poireaux pendant qu'elle pourra terminer les dernières pages de son livre, enfin!)

(faux) RISOTTO TOUT SIMPLE au sarrasin
pour une petite casserole -pour 2-

200g de sarrasin
1 petit oignon
1c. à soupe d'huile d'olive
1 poireau
un grand verre de lait, infusé de haddock (une nuit, pour bien le désaler)
quelques champignons (noirs, de paris...) mais ce n'est pas obligatoire
un peu de parmesan
du poivre
Faire bouillir de l'eau (pas la peine de préparer du bouillon, le lait infusé va parfumer le risotto).
Hacher finement l'oignon et le poireau. Dans la petite casserole, faire revenir l'oignon puis le sarrasin quelques minutes. Verser un peu d'eau bouillante, laisser absorber, ajouter de l'eau, encore et le poireau. Enfin, ajouter le lait infusé et laisser mijoter une dizaine de minutes (le sarrasin doit être tendre mais pas s'écraser en purée). Si l'on a pris des champignons, on peut les faire poeler à coté en ajoutant un peu de persil et les poser sur le risotto, en saupoudrant de parmesan. Poivrer et servir bien chaud.
Avec le reste de lait, s'il vous en reste un tout petit verre, vous pouvez le glisser dans une soupe (topinambour & poireaux, par exemple) c'est très bon.

lundi 13 juillet 2009

parce qu'il fait doux, aujourd'hui


Le lundi s'est levé gris, sale et pluvieux. et puis, doucement, on a vu du bleu par la fenêtre -mais sans le toucher vraiment.
Le chat allongé, s'étire longuement sur le carrelage frais et moi, pieds nus, je frissonne un peu.
L'amoureux a mis de la musique, Elvis Perkins puis Keren Ann, avant de reparler des souvenirs qui s'étiollent alors qu'on ne veut pas les voir disparaître.
La boîte aux lettres reste vide, sans trop savoir ce que j'attends (elle a pourtant été, d'ailleurs, souvent emplie de jolies lettres venues d'un peu partout, de blog-trotteuses attentionnées aux yeux de chat)


La gentille dame du marché avait de petits pâtissons nouveaux.
Et comme la dégustation additionnée de vinaigrette ne nous a pas emballé, on a préféré un risotto.



RISOTTO AU PÂTISSON NOUVEAU
pour 2 assiettes un peu(trop) discrètes

150g de riz rond (ici complet)
1 gousse d'ail
1 petit pâtisson nouveau
du bouillon de légumes
2 belles c. àsoupe d'huile d'olive
1/2 verre de vin blanc sec
du parmesan

Préparer un bouillon de légumes et ma maintenir chaud.
Eplucher et découper le pâtisson en petits dés. Le faire revenir dans une casserole avec 1c. à soupe d'huile et la gousse d'ail pendant 5 min.
Retirer de la casserole. Mettre 1c. àsoupe d 'huile et mettre la riz (on peut remettre la gousse d'ail pour parfumer un peu) puis déglacer avec un demi verre de vin blanc. Ajouter le bouillon louche après louche en attendant que le riz ai absorbé le liquide et ce pendant 35min (soit le temps de cuisson du riz, mais on peut aussi tester sa texture, le risotto doit être tendre mais encore ferme, pas une purée trop cuite).
10 à 15min avant la fin de la cuisson, ajouter le pâtisson pour terminer de le cuire.
Au moment de servir, poivrer généreusement et recouvrir de parmesan. Savourer chaud, esperer le lendemain aussi doux que la journée d'aujourd'hui.
Bientôt, une tartelette comme un clafouti aux cerises, peut être, ou autre chose, on ne sait pas...

jeudi 20 novembre 2008

des crayons, la voix et des après midi goûter...


Une matinée à lire sur le canapé, un bol de thé à portée de main. Matisse, les fauves, l'interieur à la fillette. Voir le soleil se répandre sur la cour, faire scintiller les graviers avant l'arrivée d'un nuage. Il fait froid, pourtant.
J'ai remis mon gros gilet à midi. Et j'ai réchauffé mes doigts sur la bouilloire, pendant que le riz devenait translucide dans l'huile d'olive. J'ai taillé le poireau, l'ai lavé soigneusement. Jetté une poignée de champignons noirs; déglacé à la sauce soja, en écoutant Didier Porte, sourire en se disant qu'il aurait ri, lui. Je suis restée à révasser à côté de mon risotto, ajoutant le bouillon louche après louche, patiement, en pensant avec délice au séjour à Paris qui nous attend.

L'amoureux est rentré, et on a mangé, avec quelques mots angoissés, du parmesan; des regards rassurants. Le serrer fort, avant qu'il ne parte, même si c'est juste ce soir qu'il doit revenir. Ses bras me sont précieux.
Retrouver ma solitude; la cuisine-atelier, celle où je range mes crayons pas très loin de ma théière, celle où la radio berce mon imaginaire.
Pendant que je me raconte des histoires, le four agrémente d'odeurs délicieuses les images colorées qui peuplent ma tête. Des brins de femmes sans tête, de monde à l'envers enrobés de chocolat et d'épices.


COOKIES
pour une 20aine de biscuits


2c. à soupe de tahin
1/2 petit suisse
1c. à soupe de sirop d'agave
60g de flocons d'avoine
60g de farine de seigle
1 oeuf
1/4c. à café de bicarbonate
des pépites de chocolat

Préchauffer le four à 180°.
Dans un saladier, diluer le tahin avec le petit suisse, puis le sirop d'agave et l'oeuf. Ajouter la farine, puis les flocons et le bicarbonate, malaxer. Mettre les pépites de chocolat et bien amalgamer le tout.

Faire des petites boules avec la pâte obtenue, et les écraser légèrement avec une fourchette. Enfourner pendant 12-15min environ.

Laisser refroidir sur la plaque.

En attendant de goûter, faites un dessin, pourquoi pas...

lundi 10 novembre 2008

besançon, le parfum du soleil, des baisers pour l'amie précieuse...


Pendant que certaines se projettent dans une nostalgie à venir, nous y avons replongé comme dans un bain de soleil. Il a fallu se lever tôt, finir la valise, ranger un peu l'appartement, afin de le retrouver chaud et douillet, dimanche soir. La route déserte, les villages endormis un samedi matin, les arbres nous font des haies d'honneur royales, tant ils sont dorés.

Et puis, la ville. Les façades blanches, les rues qui viennent d'être repavées de dalles claires, lisses et glissantes. Mais c'est joli. Longer les vitrines du centre ville animé, découvrir qu'une petite librairie vient d'ouvrir à coté de notre ancien chez nous, que le restaurant qui faisait un régal de monsieur le curé n'a pas renoncé à son dessert surprise, que la place du marché s'est couverte de fleurs de métal qui servent de salons de conversation, sous des arbres dénudés.
La lumière épouse les immeubles, les fontaines, on se rend compte que l'on a oublié comme il est doux de trainer alors que le soleil disparaît et que l'air se rafraîchi. Essayer de respirer fort ces parfums de souvenirs, le premier appartement, la visite d'amies précieuses (certaine, venue de loin, et que l'on aimerait voir plus, avec des carrés au chocolat, avant qu'il ne s'en aille, hein!), les terrasses ombragées après la piscine, la librairie où je pouvais aller bouder en étant sûre que l'on me retrouverait. Là où les chéchés ont commencé...
C'est dans notre petit studio bisontin que l'on découvert la cuisine; là bas, les lasagnes, les tomates farçies, les woks, les sushis... et les risottos crémeux que chéché me préparait en rentrant des beaux arts. Le réconfort absolu...
L'envie d'y regouter, le plaisir de plonger sa cuillère dans une assiette douceureuse, parfumée, et couverte de parmesan rapé, qui plus est. Alors on a fait un risotto. Avec des coquillettes, parce que c'était joli...


RISOTTO DE COQUILLETTES, POTIRON & SAUGE
pour 2 bisontins en exil

140g de coquillettes complètes
1 beau morceau de potiron
2 gousses d'ail
2 poignées de feuilles de sauge séchée
1 larme de vin blanc
1c. à soupe de sauce soja
1c. à café de tahin
de l'huile d'olive
du parmesan
du poivre


Préchauffer le four à 180°.
Tailler le potiron en petits cubes d'1X1cm environ. Les mettre dans un plat à gratin, arroser de sauce soja, d'huile d'olive et enfourner 20 min.
Pendant ce temps, préparer l'infusion de sauge : prendre une grande casserole d'eau,
jetter les feuilles de sauge, puis les gousses d'ail. Porter à ébullition et laisser infuser 10min environ.
Dans une autre casserole, mettre un filet d'huile d'olive et faire revenir les coquillettes jusqu'à ce qu'elles soient bien enrobées d'huile. Verser la larme de vin blanc, baisser le feu. Ajouter l'infusion de sauge louche après louche, à chaque fois que les pâtes aient absorbé le liquide. Remuer assez souvent, pour ne pas que ça
attache. Au bout de 5min de cuisson, ajouter les dés de potiron et poursuivre l'infusion pendant encore 3-4min, jusqu'à ce que les coquillettes soient moelleuses. A la fin, ajouter la cuillère de tahin, du parmesan fraîchement rapé et servir...