dimanche 7 juin 2009

parce qu'il faut revenir, accrocher des oiseaux aux arbres, les pieds nus et du vert, pour la douceur...



(Les réveils ont souvent été agréables, sous une pluie fine de lumière à travers les volets, les rideaux transparents faisant danser les reflets sur les murs de la chambre pour nous glisser secrètement que le beau temps est déjà là...
Les matins ont peu à peu pris des couleurs sombres. Des gris glacés, des bleus délavés (comme ceux des vieux draps de mon enfance que le coton élimmé rendait doux et réconfortants)
Les grandes bulles noires de mots compliqués, les absences, les longues parenthèses. Les derniers silences, j'espère...)
Le temps a filé si vite qu'il n'est apparu nulle part, les biscuits croqués sur le rebord de la fenêtre quand il faisait si chaud, la caponata du dimanche midi en parlant de l'Italie (et de ses pizzas incomparables, à la pâte fine et dont la garniture parfumée ne nécessite pas de surdosage -les aubergines grillées, hummm), les promenades en forêt et ses pique niques qui se transforment en buffet gargantuesques et chaleureux, les tartes partagées dans un garage sous la pluie en découvrant ses voisins, les après midi à rire dans une chambre qui n'a, à priori rien fait pour cela (même si guenièvre s'est souvent prêtée au jeu).

Les feuilles dessinent des nuées bleutées sur les fenêtres, l'apaisement est un peu revenu.


Du vert, comme dans les arbres et la multitude d'oiseaux à plier, des guirlandes d'été à préparer. Il fait doux, la menthe embaume le petit pot déposé dans la cuisine, à côté des pieds de tomates qui lentement, transforment leurs fleurs en bulles vertes et brillantes. Il ne reste qu'à attendre le soleil pour goûter aux plaisirs de notre jardin miniature.
Et manger de petits gaspachos fèves et petits pois, préparé sans mesures (mais il vous sera facile de vous l'approprier je pense, non?)




FEVES ET PETITS POIS EN SOUPE FRAÎCHE
pour 2 petits bols de printemps

2 poignées de petits pois frais (ou surgelés)
2 poignées de fèves fraîches (à écosser ou congelées)
du bouillon de légumes
de l'ail (une grosse gousse)
des feuilles de menthe
du poivre, un peu de sel
du chèvre frais
un peu de crème ou de yaourt
un filet d'huile d'olive
des pignons (mais ce n'est pas obligé, hein)

Cuire les petits pois et les fèves dans le bouillon, puis les laisser refroidir un peu. Ajouter l'ail, la menthe, mixer finement et assaisonner (sel et poivre). Verser la soupe dans de jolis bols, placer au frais pendant 2h environ.
Détendre le fromage de chèvre avec un peu de crème (ou de yaourt nature), former des petites quenelles et déposer sur les soupes fraîches juste avant de servir, poivrer, verser un filet d'huile d'olive, quelques pignons grillés -si vous êtes gourmands- et déguster avec des tranches de pain grillé (beurré ou tartiné de pesto que l'amoureux a fait sans rien vous dire, parce qu'il sait que vous adorez ça).

Bientôt, les biscuits croquants du goûter de bord de fenêtre, et la (fausse) caponata des jours où il y plein de soleil.

lundi 11 mai 2009

des cookies contre les orages...


S'habiller de soleil quand ouvrir les fenêtres devient un plaisir délicieux, marcher pieds nus sur le carrelage pour y sentir la fraîcheur, ou au contraire, la douceur chaude des rayons de la matinée. L'après midi est un peu rêveuse, mélancolique.

Les jours feriés ont été si jolis que la cuisine a été rapide. Le marché a pris des couleurs et nous a permis de grignoter à l'ombre des jardins de petits radis roses croquants, des tartines de fèves et chèvre fraîches et des tartes à la rhubarbe savoureuses. Les pique nique sont revenus, accompagnés de leur flannerie, les joues aux taches de rousseur qui apparaissent doucement.

Et puis, l'orage a craqué derrière les fenêtres et l'amoureux a dû me serrer très fort dans ses bras. Le lit s'est transformé en radeau et l'on s'est senti flotter le temps des éclairs, parfois éblouis par leur lumière glaçante.

La nuit a été courte, finalement. Une chaleur moite s'était installée.

En me levant plus tôt, j'ai pu préparer ce matin de petits cookies qu'il pourrait emporter sur son vélo, pour le remercier de ses bras rassurants.




COOKIES AUX CAROTTES découverts chez flo
pour une quizaine de mots doux



60g de farine de sarrasin
50g de flocons d'avoine
60g de carottes rapées (soit une petite carotte )
1c. à soupe de sirop d'agave
1 grosse c. à soupe de purée d'amandes
1c. à soupe de grué de cacao
1 pincée de bicarbonate
1 pincée de gomasio (ou de sel)

Préchauffer le four à 180°.
Dans un saladier, mélanger le sirop d'agave et la purée d'amandes. Ajouter les carottes rapées, bien amalgamer.
Ajouter la farine et les flocons, la pointe de bicarbonate et la pincée de gomasio. Ajouter enfin le grué de caco.
Former une boule (on peut ajouter du lait si la pâte est trop sèche).
Etaler la pâte (un demi centimètre environ) et découper les biscuits.
Enfourner pendant 12 à 15 min (et les retourner à mi cuisson)

Il faut les laisser un peu refroidir en sortant du four, le temps de préparer un thé, de discuter de nos rêves avec l'autre, de regarder le ciel paisible aujourd'hui.

jeudi 7 mai 2009

le moelleux au chocolat


L'humeur encore un brin étrange, l'inquiétude pas tout à fait passée. Les envies de chocolat accompagnent toutes les saisons, le printemps ensoleillé de ce matin autant que l'hiver glacé (mais pendant ces grands froids, on préfère le chocolat chaud -ou le gâteau craquant sur le dessus avec une surprise onctueuse et fortement cacaotée dessous).
Envoi vers celui qui en a besoin, et des promesses (les lasagnes et la tarte aux pommes, je n'oublie pas).


(L'hiver au grand café est plus snob encore que dans les rues de Dijon. De longs manteaux de fourures se promènent entre les tables, la lumière feutrée les rend luisants, presque vivants tant ils ondulent autour de leurs propriétaires.)

(s'il y avait mieux à faire...)

GATEAU BANANE CHOCOLAT
pour un moule à cake




100g de chocolat (70%)
2 oeufs, blancs et jaunes séparés
2c. à soupe de sirop d'agave
1 trait de miel
2c. à soupe de crème de soja
1 grosse c. à café de levure
60g de farine de quinoa
20g d'amandes moulues
1 banane

Faire fondre le chocolat au bain marie.
Dans un saladier, mélanger les jaunes d'oeufs avec le sirop d'agave et le miel. Ajouter le chocolat, puis la crème de soja. Bien mélanger, mettre la farine et la levure.
Battre les blancs en neige.
Réduire la banane en purée (avec un trait de citron, si on veut) et la mélanger à la préparation.
Enfin, incorporer délicatement les oeufs dans la pâte.
Verser le tout dans un moule à cake, et cuire 25 à 30min environ (la pointe du couteau -ou d'un cure dent, comme le fait discrètement patoumi) doit ressortir sèche.

Démouler, laisser refroidir, puis couper en carrés -ils pourraient rentrer dans une enveloppe, non?- et savourer le réconfort.

(je t'embrasse!)

vendredi 1 mai 2009

si le printemps se fait triste, malgré les fleurs (& une pizza)

(des histoires en cours)



Les vacances de printemps sont arrivées enveloppées de soleil et de coton. Les renoncules ont longuement habité les vases, fleuri la cuisine, la table de nuit.
Les arbres verts et blancs ont fait des ombres sur les trottoirs, il y a eu de la neige dans les jardins et des enfants pour s'émerveiller de cette pluie parfumée.

Les tulipes les plus surprenantes et étranges ont poussé dans le jardin botanique, des rangées de couleurs odorantes voluptueuses.
L'humeur devrait être aussi douce que l'air de l'après midi -sous les cerisiers blancs- pourtant, j'ai le coeur serré un sentiment d'impuissance qui donne un peu envie de pleurer. Il y a toujours la distance, qu'il faut combler de téléphone, de petits mots laissés dans ma boîte, de pensées qui doivent arriver à celui à qui on les destine.
(l'angoisse à remplacer par du courage, beaucoup de patience et des baisers... )


PIZZA DES PLACARDS
pour 2 pensées douces


150g de farine (mélange de pois chiches, kamut et seigle)
1c. à café de bicarbonate
1/2c. à café de gomasio
1c. à café d'huile d'olive
de l'eau

2 grosses poignées d'épinards frais
2 poivrons grillés (en bocaux)
1 petite boîte de concentré de tomate
du fromage de chèvre



Préchauffer le four th.8.
Préparer la pâte en mélangeant tous les ingrédients. Séparer en deux, étaler au rouleau puis former des bords en repliant légèrement la pâte.
Délayer le concentré de tomates dans de l'eau pour obtenir la consistance d'un coulis.
Laver, couper les queues des épinards et les faire tomber dans une poele huilée.
Couper les poivrons en lamelles.
Répartir le coulis sur le fond de pâte, les épinards, les poivrons, émieter le chèvre.
Enfourner pendant 12 à15min.

Manger avec du soleil plein la figure...

samedi 25 avril 2009

du soleil plein les yeux, les terrasses, rire et des pâtes...




L'absence plane doucement dans la boîte à sardines.
Pourtant...
Pourtant...
On a goûté à la boulette d'Avesnes, dégusté un plateau de fromages vertigineux avec d'autres gourmands.
Parcouru les rues de Strasbourg sous la pluie, grignoté des tartines (pissaladière et ratatouille mozzarella, un brin trop grasses mais les petits légumes sont -étrangement, pour une ratatouille- bien parfumés) assis au chaud en regardant les passants pressés et le ballet des parapluies.
Testé les sales gosses -avec une pointe de regret pour le haddock trop salé- en refusant de partager son dessert (un moelleux au chocolat à la croûte légèrement craquante, fort en cacao, avec une chantilly comme en Italie...)

Le dimanche, le soleil était revenu. Les terrasses s'étaient remplies, oubliant déjà le gris humide de la veille pour s'offrir une glace -chocolat, framboise et yaourt.
Sortir juste un foulard quand la nuit tombe, trouver que le mois d'avril, c'est chouette quand il fait beau comme ça.

La suite, des collages, du rouge aux ongles, de longs coups de téléphone, des tartes au fromage blanc (bien meilleures avec une demoiselle adorable) et des attentions qu'on ramène dans sa valise (un cahier bien particulier, une tablette de chocolat juste pour moi, des chansons...)

Et l'amoureux sur le quai de la gare... et le plat de pâtes merveilleux qui sent enfin le printemps...



FARFALLE CITRON-ROQUETTE
pour 2 retours près quelques jours flottants...


160g de farfalle
10 cl de crème végétale
3 grosses poignées de roquette
1/2 citron (jus et zeste)
1 gousse d'ail
un peu d'huile d'olive
du parmesan

Cuire les pâtes comme indiqué sur le paquet -voire un peu moins, pour qu'elles soient al dente au service.
Pendant ce temps, hacher l'ail et le faire revenir dans un filet d'huile d'olive avec le zeste de citron. Ajouter la crème, porter à ébullition puis baiser le feu. Jeter la roquette en mélangeant 3 à 4min, avant de verser le jus du demi citron.
Egouter les pâtes et les ajouter à la sauce pour bien les enrober. Poivrer, arosser le parmesan rapé et manger...

mercredi 15 avril 2009

prendre l'air, puis à venir, les restes de l'hiver



La cuisine des chéchés a la porte toujours ouverte, la fenêtre aussi. Le soleil a grandement réchauffé l'air, lire sur le rebord est redevenu un plaisir exquis que je n'osais plus espérer.


Mais le marché résiste encore. La verdure est attendue, pourtant, les choux rouges, bettraves, carottes, céleri envahissent largement les étals des maraîchers. Alors, si l'on mange (il faut bien, et puis, les salades de chou ou les tartares de bettraves sont plutôt pas mal) l'envie de raconter des délices patiente sagement...


Et en vidant les pots de farines trop hivernales afin de faire de la place pour celles qui sentiront l'été, une gentille gourmandise qu'on aurait mangé au petit déjeuner ou au goûter, s'il avait plu longement l'après midi. Un mélange un peu abstrait, à ajuster, qui se garde dans une boîte hermétique pour tous les matins trop gris...



CARRES CHATAÎGNE CHOCOLAT




60g de farine de chataîgnes
70g de farine de blé complète
70g de flocons d'avoine
80g de sucre intégral
3 à 4c. à soupe d'huile (olive ici)
1 oeuf
du lait de soja
des amandes
des pépites de chocolat

Préchauffer le four à 200°.
Mélanger les ingrédients dans l'odre en mélangeant bien entre chaque (à la fourchette, c'est plus pratique). Incorporer le lait de soja (1 petit verre environ) pour obtenir une pâte à gâteau pas trop liquide (plus la pâte sera liquide, plus les carrés seront moelleux, c'est à vous de voir). Répartir dans un moule à gâteau (huiler et fariner s'il n'est pas en silicone), en fine couche. Enfourner pour une vingtaine de minutes.

Sortir, laisser refroidir et couper en carrés. Gringoter avec son chocolat chaud ou un verre de lait frais, se laisser prendre par leurs voix radiophoniques, ou rêver...

dimanche 5 avril 2009

Ce que l'on ferait si -des pâtes ensemble...


Le soir tombait plus tard depuis la nuit dernière, peu être avant, mais elle n'y avait alors pas prété attention. Dans la poche de son manteau gris, celui qu'il lui avait offert l'été de leur vacances en Italie, alors qu'ils mangeaient des glaces succulentes dans les ruelles pavées en s'entrainant à demander la pane sur les pallina di gelati, elle sentit le papier froissé.

Elle s'assis sur le banc sous un platane, inspira pour se remplir de l'air frais du jardin. Elle comptait. 499, 498, 497...

Le papier froissé entre ses doigts -finalement, un vulgaire bout de papier. Elle ferma les yeux, sourit. L'amoureux aurait du être là. Avec ces bras et ses mots, son odeur, la douceur de ses chemises dans lesquelles elle se plonge pour oublier.

Le soleil déclinait. Elle se leva, sortit du parc verdoyant, avant de prendre la rue des antiquaires. Les vitrines éclairées étalaient leurs merveilles, des chaises rouges, une robe fleurie qu'elle aurait mise pour le premier pique nique de l'été, de jolis verres à vin, des chocolats de pâques.
Un restaurant un peu plus loin avait sorti audacieusement sa terrasse. De grands fauteuils en osier entouraient des tables rondes recouvertes de nappes aux entrelas brodés. Elle trouva cela charmant, décida de s'y arrêter. Elle avait faim.
La carte affichait des choses simples, le patron n'étant pas un grand cuisinier (c'est du moins ce qu'il lui dit lorsqu'il prit sa commande, s'excusant de la briéveté des plats proposés et de leur banalité). Elle se décida pour une belle assiette de pâtes aux brocolis, tomates séchées et anchois, ainsi qu'un rouge, qu'elle but par petites gorgées en attendant son plat.

PÂTES PAPILLON BROCOLIS TOMATES SECHEES & ANCHOIS




180g de pâtes sèches
de belles fleurs de brocolis cuites al dente à la vapeur
3-4 tomates séchées à l'huile
1 petite gousse d'ail
1/2 boite d'anchois
du thym
du poivre
du parmesan

Cuire les pâtes al dente (2 à 3min de moins que sur le paquet)
Couper les tomates en lamelles, égouter un peu les anchois. Dans un wok, faire sauter les brocolis dans un peu d'huile et l'ail haché très finement. Ajouter les tomates, les pâtes, bien mélanger, finir avec les anchois (là, il ne faut plus trop remuer, sinon les anchois tombent en morceaux et c'est moins joli). Assaisonner, recouvrir de parmesan et manger bien chaud.

La carte des desserts regroupait quelques tartes aux fruits de saison et une crème brûlée à la pistache. Elle hésita, fini par prendre un café en espérant surtout le carré de chocolat qui l'accompagne. Le service à café était dépareillé, une tasse blanche aux motifs dorés, la soucoupe aux fleurs graciles rosées. Elle tourna machinalement sa cuillère en écoutant distraitement les cristaux de sucre fondre contre les bords.
Elle resta attablée un moment. Le temps ne comptait plus vraiment. Et puis, l'amoureux était enfin arrivé. Elle verrait bien où il voudrait aller.